Les romans graphiques de la semaine

Oui, je fais comme si c’était une coutume, notre petit rendez-vous… Mais vous avez tout à fait raison, il n’en est rien. C’est bien la première fois. Et je présage que le rendez-vous sera plutôt mensuel qu’hebdomadaire. Parce que je me connais. Mais voilà, on fait comme si de rien n’était et on découvre ces trois beaux romans graphiques !

L’étrange – Jérôme Ruillier

En pleine flânerie entre les rayons de la bibliothèque, à la recherche de perles graphiques, j’ai directement été attirée par ce dessin à l’apparence enfantine. Et puis, ce titre… L’étrange.

Publié en partenariat avec Amnesty International, ce roman graphique retrace l’arrivée d’un migrant dans un pays où tout lui est inconnu. Les lieux, la langue, les gens, les coutumes, … Tout. Vide.

Peut-être pour éviter de tomber dans le pathos, peut-être pour renforcer le côté universel, peut-être pour accentuer certaines situations inhumaines, les personnages y sont représentés sous forme d’animaux anthropomorphisés. Le clandestin dont on suit le parcours est incarné par un ours aux traits tristes. Un ours bien plus grand, bien plus imposant, voire “encombrant”, que les autres personnages. Démesuré. Hors norme. Inadapté à la société dans laquelle il débarque.

Pour mieux réaliser l’isolement dont il est victime, les bulles de dialogues sont dans une langue imaginaire, traduites dessous en français. Si le récit s’ouvre du point de vue de notre ours, il devient ensuite polyphonique. Chaque événement sera traité par un personnage différent : un policier, un client croisé dans un magasin, la voisine ou encore une corneille. Pour chaque situation, la narration est construite comme une expérience immersive & semble perpétuellement nous questionner : “et moi, comment aurais-je (ré)agi ?”

Une petite merveille !

Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin – Emilie Plateau

Comme chaque matin, vous vous levez, vous vous habillez, vous marchez un peu et prenez l’autobus qui vous mène à l’école. Mais contrairement à d’habitude, vous ne cédez pas votre place à un blanc contraint de rester debout.


Vous avez à peine 15 ans, vous êtes une fille, vous vivez en Alabama et, vous êtes noire. Alors, autant vous dire qu’à l’époque des lois Jim Crow, vous n’allez pas vous en sortir comme ça.


Ce roman graphique adapté par Emilie Plateau met à l’honneur Claudette Colvin – prédécesseure (bien que moins connue) de Rosa Parks – petite goutte d’eau dans l’océan des luttes pour les droits civiques.


Les traits sont fins, l’ensemble plutôt épuré. Seules quelques notes de couleur servent le dessin. On y parle quasi exclusivement de cet épisode de sa vie et du procès qui suit. Une lecture enrichissante dont on ne peut que regretter la brièveté tant on s’y plaît.

Les filles de Salem – Thomas Gilbert

Ce roman graphique nous emmène à Salem, le (tristement) célèbre village qu’on ne présente plus. On y retrouve Tituba mais c’est le point de vue d’Abigail, 13 ans, l’une des victimes de l’obscurantisme et du fanatisme religieux, que l’on va suivre.

Si certaines libertés sont prises du point de vue historique, le lecteur-pas-trop-pointilleux sera tout de même emporté par les émotions si bien retransmises et ces planches de personnages hyper expressifs.

Un joli travail détaillé !

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