Confidences à Allah – Saphia Azzeddine

Jbara, jolie bergère d’un pays du Maghreb, fille d’une famille nombreuse au père ignorant et à la mère résignée, transforme son corps en monnaie d’échange. Sous forme d’un monologue à Allah, Jbara interroge sa condition de femme. Enfin… du moins sur papier.

Comment un roman si court (127 pages) peut-il paraître si long ? Les amorces de réflexions intéressantes se résument en une ou deux page(s) et ne restent que des ébauches.


Ils disent qu’il faut cacher ses ornements afin que l’homme n’ait pas de pensées inavouables. C’est écrit comme ça et ça n’a l’air de déranger personne. C’est lui qui a des pensées inavouables et c’est moi qui dois me cacher. Ça n’a pas de sens. De quel droit je deviendrais l’otage d’un homme qui ne sait pas se contrôler ? C’est à l’homme de s’éduquer, ce n’est pas à moi de me cacher. Et s’il ne veut pas s’éduquer, je n’ai qu’un conseil : la douche froide. Je ne vois rien d’autre pour soulager vos pensées inavouables, messieurs. Mais laissez-moi tranquille, moi et mes ornements, moi et mes cheveux, moi et ma chasteté ! Si des chevilles vous font bander, il est grand temps d’aller consulter.
Pas moi. Vous.
Pour troubles avancés de la kékette.
C’est une punition divine ce zizi, ma parole!

Jbara est décrite dans certaines critiques comme une battante, une femme qui a pris son destin en main envers et contre tout… et là, moi, on me perd. Pour moi, le sujet du roman n’est pas là, Jbara s’avoue elle-même fataliste, mais bien dans les deux dernières pages où elle justifie sa foi. De nouveau, de manière trop rapide et superficielle. Dommage !

Laisser un commentaire